7 Février 2008
Foreword :
Je dedicace cet article a toutes mes copines chochottes, pour qu elles sachent que, parfois, il est bon de rester chez soi et DE NE PAS voyager. Restez sur votre canape avec un bon chocolat chaud devant la tele, les filles, vous savez pas la chance que vous avez...A toi aussi Alex, a notre rencontre improbable et splendide.
CHAPITRE 1. : Le Sawngthaew.
Samedi 17 novembre 2007. Je me leve a cinq heures du mat pour partir au Vietnam, en passant par la frontiere du nord, a Na-Meo au Laos.
Il n y a qu un bus par jour a Sam Neua, et il part a 7h10. A la gare des bus enveloppee de brume, je decouvre que ce n est pas un bus qui m attend, mais un sawngthaew, une sorte de camion pickup ouvert avec des bancs a l arriere, pour faire les trois heures de trajet dans le froid ! Il y a aussi Alex, un francais tombe dans le voyage quand il etait petit qui se trouve la, et on est les deux seuls a vouloir faire le voyage ce matin. (Deja a Sam Neua, y a pas beaucoup de touristes. Pour se rendre au Vietnam depuis le Laos, la quasi totalite des touristes prend un avion depuis Vientiane, la capitale, vers Hanoi.)
On fait le voyage emmitoufles et serres derriere les caisses de bieres et les autres passagers laotiens qui voyagent comme nous, des villageois qui montent et qui descendent a mesure qu on traverse les bleds. On arrive a Na-Meo...congeles mais contents, et la le chauffeur nous demande que la moitie de la somme a payer, juste comme ca, parce que surement ca lui a fait plaisir de nous avoir dans son camion !! Jamais vu ca avant le Laos ! Au revoir les amis...on vous aime...on reviendra.
Le poste frontiere est magnifique ; une route en terre tres large, au milieu des montagnes verdoyantes, avec des femmes et des hommes qui se croisent dans un flux incessant, comme des colonies de fourmis. Je vois des femmes toutes petites et legeres courbees sous des fardeaux sans doute avoisinant les 70 kilos, leur chapeau triangulaire retenu par une ficelle sur leur tete. Il fait grand beau, j ai envie de me poser la toute la journee pour juste regarder les gens passer. Mais faut pas trainer, parce que la journee est loin d etre finie. Il est 10h30 du mat.
On passe la frontiere sans probleme, l officier des douanes regarde perplexe les petits disques argentes de mon epilateur au moment de la fouille; il interroge son collegue du regard, on dirait une poule avec un couteau. Quand je lui explique a quoi ca sert, il se debarrasse de l objet comme s il lui brulait les doigts et il pique un fard !! C etait trop rigolo. A la douane, je change aussi mes kips en dongs, la monnaie du Vietnam.
CHAPITRE 2 : Le bus qui n existait pas.
Le guide nous avait prevenu : ca va pas etre de la tarte.
De l autre cote de la frontiere, il y a un petit village de paysans, Nam Xay. Dans ce village, il n y a pas de station de bus ni de train. Pendant qu Alex finit au poste frontiere, je trouve des gars qui veulent nous emmener jusqu a Hanoi en ... moto, voire mobylette ! Mais bien sur ! Avec nos sacs !
Finalement, un jeune garcon m amene jusqu a un hotel, ou un gars me montre un bus qui a l air desaffecte en me disant : "Hanoi. Noon. 15 US dollars." Top-la mon garcon, avec Alex on se dit qu on a de la chance et on avale un bol de riz. Finalement ca a pas l air si complique que ca?
Pendant qu on mangeait, on se rend compte qu en fait ils sont bel et bien en train d affreter le bus rien que pour nous. Pendant deux heures, les villageois, profitant de l aubaine, vont remplir et remplir le bus de sacs de riz, de legumes, de denrees diverses, dont des poules sur le toit. Ils courent chercher leur petite mallette, sans doute toujours prete, et en 10 minutes, c est comme un raz de maree d hommes et de riz qui submerge le bus ! Pour acceder a nos "places", il faut marcher sur les centaines de sacs de riz accumules dans l allee et places sous les sieges. C est rigolo. Le toit aussi est archi-blinde.
Finalement on decolle, dans la bonne humeur malgre les deux heures de retard. On sympathise avec les femmes assises devant nous en rond sur les sacs, et elles nous offrent du riz et des bananes. On commence a apprendre quelques mots de vietnamien avec elles.
CHAPITRE 3. Le stop.
C etait trop beau pour etre vrai. Au bout de 10 kilometres, le chauffeur s arrete au bord de la route, et nous demande de payer...40 dollars chacun, et tout de suite !
On lui dit que non, c est pas ce qui avait ete prevu, et qu on veut bien monter jusqu a 20 dol maxi. Mais le gars veut rien entendre, et il bouscule meme une sympathique vietnamienne qui tentait de s interposer ! Furieux, il veut nous debarquer du bus.
Nous, on le regarde s enerver tout seul, et comme il veut rien entendre, on decide de pas continuer avec lui.
Il nous decharge les bagages, puis voyant qu on descend vraiment, il se radoucit et nous dit ok pour 20, sans doute culpabilise par les regards de ses autres passagers.
Mais pour nous c est trop tard, on est descendus et on va se demerder, merci.
On fait des petits signes amicaux aux gens du bus : grace a nous ils peuvent aller jusqu a Hanoi aujourd hui...
CHAPITRE 4. Miracle.
On est en rade depuis 10 minutes a peine, au bord de cette route ou il passe pas grand monde, quand un gars qui a l air gentil s arrete, et nous propose d aller chercher un camion pour nous emmener a Hanoi pour 10 dollars ! Du moins c est ce qu on comprend, car depuis le debut faut oublier l anglais pour s exprimer et se faire comprendre... On a donc juste rien a faire que de l attendre la. Il est 3 heures moins le quart, on est au bord d un petit ruisseau, pres de la jungle montagneuse.
Nous voyant la, poses au milieu de nulle part, tous les passants s arretent. Des deux-roues, meme des voitures climatisees sorties d on ne sait ou. Tous, ils nous proposent des marches douteux et manient avec diligence l art de la negociation en US Dollars. Sur notre visage, en gros caracteres d imprimerie, il y a marque "pactole a se faire" ou "gogos a embarquer". De fait, les premiers mots qu on aie entendu au Vietnam sont les mots "US dollars". Quelle difference avec le Laos !
Mais nous, inflexibles, on dit non a tout. Avec leurs airs de mafieux capables de nous larguer n importe ou, ils nous inspirent pas trop confiance, et on est pas mal echaudes par l experience du bus. On prefere attendre de voir si not petit gars gentil va revenir.
Du coup, ca nous laisse le temps avec Alex de nous raconter notre vie...
Au moment ou la lumiere commence deja a decliner, et ou la route est dans l ombre, je desespere qu il revienne, et je me mets en tete de chercher un village pas loin. Mais c est la que notre sauveur arrive, avec deux vehicules : une depanneuse et un camion militaire !
C est parti mon kiki. On part non pas pour Hanoi, puisque personne veut nous y emmener directement, mais pour Tanh Hoa, la ville la plus proche pour reprendre un bus de la ensuite. Bof, ca ira. On en est plus a chipoter.
A SUIVRE...
Saucisse (25/11/2007)