BON. Je vous passe les details sur Ho Chi Minh, je me suis paumee dans la ville, ok ca arrive, a 8 heures du soir (autant dire : le milieu de la nuit), ok c est moins fun, et c est la que je l ai vu.
Qui?
Le rat GROS COMME UN CHAT qui m a fait hurler de terreur, dans cette rue quasi deserte et glauque, il sortait d un terrain vague, sa direction Nord Est latitude et longitude : droit vers mes tongues.
Heureusement, c etait un doudou en fait, et il a eu aussi peur que moi !! Il a file vite fait sous sa palissade en bois, mais quand meme. Brrrrr.
Donc, a part ca, rien de special a HCMC, pour une ville qui n a rien de special a montrer de toute facon, enfin vous verrez bien les photos, petits curieux.
Le lendemain, nous y voila donc.
A la frontiere du Vietnam et du Cambodge.
Ca fait si peu de temps que je suis rentree dans le pays, et deja il faut que j en sorte a cause de mon planning de malade. Je vois des choses, mais je crois que je les assimile pas, et c est tuant. Heureusement, ca va se calmer, en particulier a Bali ou je reste 19 jours.
En ce moment, je voyage seule. Ca me fait du bien, parce que je suis pas tout de suite prete a me refaire des amis made in Liverpool, et que j ai besoin aussi de faire des bilans provisoires, de reajuster mon voyage, de penser, d ecrire, et ca avec d autres gens je peux pas le faire.
Depuis 10 jours maintenant, suis dans ma bulle, et je regarde mes photos, et j emmagasine. Je me sens dans une espece de no man's land, partagee entre la securite que ca represente de se caler dans un "village touristique" dans chaque ville, sans se prendre la tete, et le desir de vivre plus de moments comme avec Nhan, parce que c est pour ca que je suis partie apres tout, pour m immerger dans d autres mondes.
Paradoxe : j ai besoin des gens, j ai pas envie d etre seule, mais j ai pas envie de vivre des trucs nuls, avec des gens nuls.
A Pnohm Penh (je sais jamais ou sont les H), au Cambodge, j ai croise furtivement un francais, Jonathan, qui fait le tour du monde, comme moi, mais en mieux. Accrochez-vous bien : il a 5000 euros de budget pour un an, en tout et pour tout, avec un mois de prevu en Australie , et un autre aux Etats-Unis. Bref, le fou-furieux. Du coup, il a pas le choix que de loger chez les gens, et de manger pour moins de 1 dollar par jour.
Ce mec la, il a 22 ans. Des fous comme lui, moi je les admire, je voudrais avoir son optimisme, son aplomb et sa force, sa capacite a croire en la bonte et la generosite d autrui...A cote de lui, moi je fais figure de Nadine de Rothschild, qui fait le tour des clubs de golf et des parcs d attractions naturels du monde entier.
Le voyage, c est du serieux. C est pas des vacances.
C est une religion, une ethique, et tous ceux qui pensent pas comme moi sont pas des vrais voyageurs.
Le voyageur, c est celui qui veut etre bouleverse par ce qu il voit, depayse et mis dans des situations qu il sera incapable de gerer comme une routine. Le voyageur, c est un gars independant, creatif et ouvert a l autre, a sa difference, et pret a se remettre en question a chaque instant.
C est pas le gars qui veut manger de la pizza alors qu on n est pas en Italie, prendre un transport pour un site comme il prendrait un taxi pour aller au cine, et qui veut son internet pour mettre sa photo de lui les pouces leves devant tous les monuments du monde.
J ai mis deux mois a me decrisper sur la difference, a me detendre et a juste accepter le contact (physique) de quelqu un d etranger, ou d etrange, sur ma peau. Il a fallu que j aie des gens sur les genoux, des mains dans les cheveux, que je serre des epaules et des tailles, des mains, sales ou pas. Maintenant je trouve ca simple de toucher un enfant meme s il a des poux, de prendre dans ma main de la nourriture comme du riz, et j arrive de mieux en mieux a juste ecouter les gens, et savoir ce qu ils veulent me dire au-dela de "tu es riche et je suis pauvre" ou "tu es de passage et j habite ici." Surtout, j ai appris a sourire, pas un sourire de facade, mais un sourire qui vient de plus profond, et qui dit "je comprends pas ce que tu me dis. Mais je t ecoute quand meme." Ce sourire la, c est un langage universel.
Mais quand meme, je me decois sans cesse, parce que hier soir devinez ce que j ai fait? J ai mange de la pizza et je suis allee sur internet mettre mes photos. Je me condamne pas, je me dis juste que je peux mieux faire, que je dois toujours faire des choix qui sont pas ceux de la facilite, parce que c est de ces choix que decoulera la richesse du voyage, seulement a ce prix-la.
Un jour, peut-etre a la fin de ce voyage, je serai devenue une VOYAGEUSE, une vraie. Pour l instant, je suis juste un bebe...
Vous raconterai Pnohm Penh une autre fois--
Bisous.
Saucisse (02/12/2007)