Chers amis--
Un drame est survenu.
Un des lecteurs de ce blog, hautement intéressant des fois, est devenu
aveugle, suite à la lecture d'un de mes articles du Paraguay.
En hommage à ses yeux, et en signe de deuil, cette page restera noire.
Je ne saurais trop vous le conseiller : pour lire mon blog, LE PORT DES
LUNETTES DE SOLEIL EST OBLIGATOIRE. C'est valable aussi pour
quand vous regardez les photos, car mon sourire éblouissant envoie un
puissant rayon laser qui peut détruire la rétine.
De même, pensez à la crème anti-UVA et UVB.
Et sinon, ça serait bien que vous arrêtiez de râler, merci :), car je fais ce
que je peux artistiquement, avec mes moyens limités et mes connections
de mierda ! Muchas Gracias señores y señoras !
Donc, vous savez quoi ?
Ils m'ont refait le coup du pont !
Humahuaca, petit village des Andes argentines. 10 heures du matin.
Il fait super chaud, même si cette nuit il faisait glacial et qu'on a dormi
avec le radiateur allumé.
Je prends un bus. Petit déj : une empanada de Cayote, (prononcer "cachotté")
un fruit local, glacée au sucre. Trop bon. Je traverse des paysages
fantastiques, j'essaie de faire des photos à travers la couche de crasse
de la vitre du bus.
A mesure qu'on monte vers la frontière bolivienne, les gens et les maisons
se raréfient : ce n'est plus qu'une immense étendue jaune, aride, écrasée
par le soleil, piquetée au loin de quelques animaux : des lamas, des ânes,
des vicuñas (c'est comme les guanacos, en plus petit), des chevaux
ou des chèvres.
Le ciel est bleu profond. Tout est poussièreux.
J'arrive à la Quiaca, devant la pancarte "Ushuaia, 5121 kilomètres".
C'est la ville qu'il faut que je traverse pour arriver de l'autre côté à
Villazon, la première ville Bolivienne que je vais voir.
La frontière, c'est un tout petit pont de rien du tout. Pas comme le grand
pont du Paraguay. Mais beaucoup comme Na Meo, la frontière entre le Laos
et le Vietnam, à cause des femmes qui portent des charges dans leur dos
et qui cheminent lentement comme des fourmis, cette fois avec une
jupe qui arrive au dessous du genou, des nattes, et un chapeau melon,
traditionnel de Bolivie.
Je me retourne une dernière fois, c'est tellement difficile de laisser
derrière moi la grande Argentine, si incroyablement belle du nord
au sud, l'Argentine si accueillante et chaleureuse, si classieuse et si unique.
Mais il faut bien.
Je reçois deux petits tampons, c'est aussi tranquille et simple que de passer
de France en Belgique !
Je me dépêche de traverser la ville, je prends même pas le temps de
regarder la fanfare, parce que le train pour Tupiza, il faut pas le rater :
y en a que deux par semaine ! J ai pris la première classe : ça coûtait
3,8 euros...
Et voilà, j y suis. Tupiza est tellement tranquille, cernée par les montagnes,
que je resterais bien là à me reposer une semaine. Mais j'ai encore tellement
de choses à voir... Donc je continue, je fais ma valise, je repars...
Un jour, je m'arrêterai, promis.
Et peut-être que ce jour là, je tomberai raide morte, de fatigue...
A +
Je veux des nouvelles --
Saucisse (20/05/2008)